Neuf heures trois

Posted on 4 juillet 2009 par

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SQY

SQY

Neuf heures trois : écrire sur la rencontre d’hier soir, entretien à venir, septembre, la rentrée déjà qui se profile, là-bas, le coin Edgar Quinet rue du Départ. Installé au café, des touristes qui prennent « la formule » , les gens qui vont au travail, le soleil et la chaleur malgré les prédictions météo de ce matin.
Puis rencontre comme si on avait rendez-vous avec H.
Un café, lunettes de soleil à l’ombre arrêt de bus, on fait quoi, on enregistre, on y va : téléphone, Caroline nous attend.
Voie 14, omnibus Rambouillet, train à étage, banlieue, départ, Versailles, les petits papiers du faux (ou vrai ?) sourd, SQY, arrivée quarante minutes, elle tous les jours, lecture des œuvres complètes, deux heures aller et retour, le temps qu’il faut, pour aller travailler, arriver dans ce non-lieu tellement à la Marc Auger, tellement désaffecté, tellement bétonné, goudronné, il est dix heures trois quarts, la librairie Siloé se trouve dans la géographie même de l’Eglise (j’y mets une majuscule, sans le savoir), les enseignes, les franchises, les noms mais qui ? Personne, donc ici ? Personne dans les parages, la librairie d’Eric Hardin (nous y revenons vendredi prochain), on y entre, les livres, les grosses piles, celles qui partent et descendent, les offices en un sens, les grandes fenêtres rondes, et l’abri d’un lieu où on peut s’arrêter, regarder, flâner, rêver, lire ?
Il est onze heures trente, nous sommes à la terrasse de la brasserie, des gens passent, on parle livres, numérique, librairies, EDI et tant d’autres choses : contextualiser, envisager l’avenir, regarder loin devant soi, tellement loin (au 31 mars 2010…) si loin, Eric Hardin se joint à nous, son foulard jaune, cette jolie comptine anglaise (thirty are June and September, November and April… : des réminiscences de son passé bilingue) un jus de fruit, oranges sanguines, le numérique, la politique, il se lève, va embrasser une cliente – il connaît tout le monde, au fond, qui fréquente sa librairie, fatalement- et les difficultés, le CA, les antipathies, les haines, le monde tel qu’il est (et ici, même sans détail et sans nom propre, la conscience de ce que nous sommes, nous-mêmes, moi, juste des pions, des place auxquelles nous nous astreignons de paraître parce qu’elles nous représentent mais elles ne sont pas nous) et puis nous repartons, les sons, l’université, les images, le trajet retour, les carreaux de céramique qui ne sont pas remplacés, le train, Saint Michel par la banlieue, l’avenir, ceux qui cherchent et qui recherchent, ceux qui se placent parce que le monde est tel qu’il est et que nous ne le changerons pas, du moins pas tout de suite, mais nous le voudrions, nous l’aimerions changé, par et grâce à nous, et dans le même temps, le soleil, c’est déjà l’été et les vacances, et septembre, au loin, ensuite, c’est déjà Paris, la tour Eiffel au loin dans la même perspective que la Défense, Paris, voilà, nous y voilà, tiens toi bien Paris, nous y voilà, Orsay, Saint Michel, au revoir, et au téléphone les rires, et les photos (les miennes sont toutes mauvaises) et les mots, et le nom du blog « Pendant le week end » ou j’ai oublié ?

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J’ai oublié. Je regarde derrière moi, la voiture est au garage, dehors il fait chaud, sur un canapé abandonné depuis dix jours, les jeunes gens fument, rient, mangent leurs kébabs. Paris, voilà, ça, c’est Paris. Il est neuf heures trois, ce soir.

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