L’été en creux

Posted on 26 août 2009 par

0


Il faut bien que je fasse vivre ce désir, ce plaisir, cette envie de vivre qui est toujours là, ce plaisir de partager peut-être. Alors ce qui se passe ces jours-ci, ce mois d’août avec les enfants au bord des piscines, des plages, ce monde qui se réfugie sur les côtes, sur les montagnes, qui se détend, qui veut oublier un peu que le temps passe, cette chaleur, ce plaisir de rouler tranquillement dans les rues de Paris, de marcher dans les couloirs du métro, tous ces gens qui sont partis, ailleurs, se revoir, rencontrer ceux qu’on ne voit qu’une ou deux fois l’an, la famille, les amis, les lieux aussi bien,

Photos-0002

qui eux restent en dehors de nous qui sommes en train de présumer, mettre en forme, trouver le temps, s’impliquer, se voir parler et partager, et se regarder, se parler tout à l’heure dans le bus, à n’importe qui, pourquoi pas, cette femme blonde, polonaise, employée, au revoir, un signe de main, ou cette autre, et puis revenir au travail, bureau saisie questionnaires le temps qui passe, se tromper de sens du métro descendre à Cité, prendre le 96 il se prend là ? ou ailleurs, ou ici, faire vivre le blog, c’est le 6 août, les choses se dessinent, les implications, les ateliers, mélico sera présent à la Ferté Vidame dans juste un mois

ferté vidame

, est-ce bien le lieu, ce blog, de l’écriture automatique, les virgules, les phrases qui n’en finissent pas, la musique et l’opus 100 de Barry Lyndon, cette dernière image (Lyndon Barry qui monte, jambe de bois, dans une voiture, comme James Bond dans son Aston Martin), la musique les images mobiles, les photographies, poser des commentaires, vivre, regarder le vent gonfler les rideaux, les rendez-vous, mettre les choses au point, regarder le temps qui défile, les ombres aux vitrines, voir les mondes se définir, oublier aussi le travail et penser à écrire, écrire oui, dire que le monde continue, les jeunes gens dans la rue ont monté une sorte de salle de gym où ils s’entraînent à soulever de la fonte, l’autre a fait 48 tractions, à toi, ils vivent, gonflettes, black, le monde de Paris, les femmes chinoises de la rue, qui attendent, qui vous demandent en passant « ça va ? » comme s’il y avait là un mot de passe, oui, justement, voilà, et cette tristesse du commerce des corps, cette chaleur, ces étoffes simples colorées souples les hommes tatoués percés les bocks de bière les terrasses des cafés c’est l’été, oui, c’est l’été, on reste parce qu’il faut bien travailler, il faut bien faire avancer les choses, il faut bien que ces libraires comprennent qu’ils font un travail qui se tourne ou se tournera à n’en pas douter vers le numérique même si ce sigle « numérique » a quelque chose de tellement illusoire, cette technique, ces partis pris, on se trompe si on oublie les auteurs, on se trompe si on se tourne vers la technique derrière laquelle, le petit doigt,  il est si simple de se cacher, les contenus, dire les choses grâce à cette technique, grâce à ce numérique, c’est bien là le plus important. Il y a quarante ans, il existait des « films à message » comme s’il s’agissait déjà d’une maladie honteuse : dire quelque chose avait cette qualité-là, une sorte de déni de réalité, ne rien en dire, laisser de côté ce qu’on a à dire, à défendre, à ne pas surtout oublier. Alors même dans cette moiteur,voilà quarante et un an, ces athlètes

68 Toujours le poing levé

à ne pas oublier, la dire, cette solitude, aux enfants qui s’en vont ici ou là, aux amis ou connaissances, aux voisins, au gardien et à ceux du premier qui, juste fin juin, entassaient sur le toit du quatre quatre des valises et des valises, le bateau à Marseille, on retourne au pays, les plages de la Manche, celles de la Bretagne ou de l’Espagne, de la Grèce, de la Crête, Mikonos, juste pour arriver, puis Paros pendant huit jours, la porte de Naxos, tu te souviens ? Oui.

Publicités