Partir, revenir

Posted on 1 septembre 2009 par

0


Qu’est-ce que c’est, un livre ? Le souvenir des entretiens avec les libraires : jamais, personne, ne parle d’un livre… Je me suis souvenu, tout à coup, de Josette Desmars, qui me montrait le livre qu’elle aimait à l’époque, les yeux brillants, la joie de vivre et de lire… Et aussi, immédiatement, pour elle, me revient le parcours du matin, son parcours des matins, la place du Trocadéro, l’avenue Albert de Mun, et puis parfois le 63…

Alors voilà, le mois de septembre, la pluie parfois, le soleil aussi, les enfants qui pensent au lendemain, les ados au surlendemain, cette injonction tous comme tout le monde, (le virus A ? le H1N1 ? les masques, la peste de 1918, les 30 millions de morts, dite « espagnole » comme Franco, Hitler, plus tard, Salazar, Pinochet tant d’autres humains ignobles et orduriers, malades et pétris de mort, de haine et de détestation d’eux-mêmes) et tout ce qui se passait il n’y a pas trois mois, six mois, sur la place Saint Sulpice

que j’aime pour sa proximité avec mes années étudiantes, et avec Perec, le café de la mairie, la littérature, tout comme la chanson, qu’avons-nous ? Que nous reste-t-il ?

Ne pas oublier, comprendre que le monde marche AUSSI avec nous, par nous, grâce à nous, écouter par exemple, et lire, Eric Chauvier (« La crise commence là où finit le langage », Allia 2009, et «Que du bonheur » Allia 2009 tout en pensant à ces tics de langage , les « j’allais dire » ou « pour le coup » et autres « on va dire ») parce qu’il est nécessaire et obligatoire de se battre, de continuer à contester le fait du prince, parce que nos enfants étudiants, lycéens ne sont pas simplement des numéros sur des listes mais des personnes, simples, tout comme nous.

Alors de retour de vacances, comme bien d’autres, avec cette vision du monde, vers l’horizon, tellement bouchée et incertaine, je me demande dans quelle mesure les mois qui vont venir vont apporter « luxe, calme et volupté »… Ciel 2Rien de tout cela parce que nous avons à combattre, justement, les tenants de ces trois artifices : ni luxe honni, ni calme inutile, ni volupté bannie, force et désir de combattre, parvenir et faire choir, oui. Toujours le poing levé.

Publicités