Pendant ce week-end

Posted on 7 septembre 2009 par

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Le nom même de ce « blog » intime à ses rédacteurs de rendre compte, peut-être, des relations et occurrences perceptibles durant ce laps de temps (aucune obligation, aucune nécessité, aucune servitude). Parti de Paris vers six heures, ce samedi, je suis arrivé à Chartres vers sept heures et quart.

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Passée la nuit, suivant les libraires de l’Esperluette, arrivé à la Ferté Vidame

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où j’ai aidé à décharger et à mettre en place des centaines de volumes, le temps clément, les personnes de l’organisation maîtrisant apparemment fort bien leur sujet, j’ai assisté à la première heure d’un colloque traitant du livre et de ses services de proximité où bibliothécaires et experts du virtuel (notamment Bernard Strainchamps de Bibliosurf) informaient des développements techniques des mises à disposition de bases de données et autres cartographies.

Ceci sous chapiteau. Je suis ensuite allé accueillir Anne Savelli qui arrivait.

Un première table ronde réunissait Jean Marie Blas de Roblés (archéologue, écrivain, la Chine, les tigres…), Pierre Jourde (rêveur, boxeur ? qui peut savoir ?) et Philippe Forrest (émotion, teint pâle et petit cigare en fin de table ronde). Trois auteurs magnifiques, une matinée sous le signe de l’intelligence, de l’émotion mais aussi de la réflexivité : une des questions qui occupa le monde, alors, sous cette tente blanche plein soleil herbe ruine au fond de l’image, fut de savoir, de mettre au jour, de tempérer l’affirmation suivant laquelle la littérature serait au monde (de ses servants, peut-être de ses lecteurs) comme une faute (Jourde et Forrest) ou seulement une maladie (Blas de Roblès)…

Puis déjeuner sur l’herbe face au château du duc de Saint Simon. Un cadre magnifique, un parc dans l’esprit d’un jardin (décrit par Gilles Clément, le si chaleureux jardinier).

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Il y eut cette table ronde avec Didier Daeninckx qui parla de l’affaire Manouchian, cette chanson d’Aragon (« Onze ans, que cela passe vite onze ans… »), de cette Affiche Rouge, de ce qu’elle nous a caché mais révélé surtout, je pense.

J’ai croisé non loin de la caisse des libraires (pris, trop pris par leur commerce) une bibliothécaire qui parvint à me convaincre de participer à une animation nommée « speed booking » consistant en une présentation réciproque (4 minutes chrono) d’un livre à l’un puis l’autre, le tout perçu par un public attentif. J’ai dit « oui » sans savoir quel livre j’allais choisir. « Train de Nuit pour Lisbonne » me sembla un bon choix (j’avais à l’esprit ce que Francis Bernabé, du Quai des Brumes à Strasbourg, m’en avait dit, en février 2008, tout autant que les affres de Grégorius que j’avais partagées à Lisbonne en juin)

train de nuit

mais non, j’ai choisi le livre (magnifique) de Martine Sonnet, (« Atelier 62 » le Temps qu’il Fait, 2008), peut-être parce que je pouvais m’appuyer sur la photo (la seule d’Amand, son  père) de couverture, peut-être parce que je préfère le monde de l’usine à celui des savants. J’avais aussi cette idée le livre de Javier Cercas « Les Soldats de Salamine » (Acte Sud, 2001) et la photo de couverture aussi, mais d’exemplaire, je n’en avais point.

Javier Cercas

Par quatre fois, j’ai résumé cet Atelier 62.

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 J’ai écouté quatre libraires me présenter quatre livres (« Une femme », Annie Ernaux chez Folio, le dernier livre de Sorj Chalandon chez Grasset, un livre écrit par 5 Italiens sur la tribu des Mohwacks et le dernier, sur une pianiste dont le mari a créé de toutes pièces de faux enregistrements – à moins qu’ils ne soient vrais et que ce ne soit que l’Histoire qui se trompe…) enfin, l’heure est passée (de quinze à seize), puis 

avec Martine Sonnet justement (mais je ne le savais pas exactement) et Bernard Pingaud (truculent « élégant » rigolo et savant, 85 piges aux pelottes, des drames et des erreurs : on lira ses mémoires pour se faire l’idée d’une vie d’homme, si l’on veut), le tout animé par un Jean Lebrun (très) en verve.

Outre l’énoncé, fastidieux, de la centaine d’auteurs présents, des milliers d’aficionados de la littérature (on ne parle pas de « geeks » littéraires, encore), j’ai vu dans le public (déformation professionnelle ?) quelque chose comme un haut de panier, alors que dans le jardin public, non loin, et à quelques centaines de mètres aussi (un centre d’essai automobile, semble-t-il, servi par les suivants d’Amand Sonnet, fatalement) se tiennent des femmes et des hommes que le livre peut-être pas indiffère mais pour le moins impressionne tant qu’ils ne se permettent pas d’entrer dans le parc… Femmes chics, parfumées, bijoux légers, jeans t shirt de marque, montres, costumes blancs et panamas, chiens, enfants amusés coiffés et propres polis et sages parfois aussi, pelouses foulées de mocassins comme de basketts,

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un certain mélange, une certaine idée de la campagne, vieil agriculteur à casquette légèrement penchée, un peu canaille sans doute, rires et discours, courses et repos, le monde, tel qu’il est, dans ce monde là… pendant le week-end.

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