Samedi soir, comme un autre

Posted on 31 octobre 2009 par

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Vers six heures et demi,

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je suis arrivé rue Jacques Cœur : j’en avais, le matin la veille, plus ou moins parlé avec François Morice, le libraire de cette petite rue (Pensées Classées, au 4 de la rue) (au fond, il faudrait un libraire en chaque rue), je suis allé chez le caviste qui officie en face, lui ai acheté une bouteille de Saint Amour (outre son nom, un beaujolais très souvent magnifique) et suis arrivé, voilà.

Il y avait là un couple, Sonia et Jean-François, une jeune femme, Thésame aux yeux bleus magnifiques, qui écrit des chansons et pratique des ateliers d’écriture, m’a-t-elle confié, évidemment le libraire, nous avons ouvert la bouteille.

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J’ai tout de suite repéré ce livre sur Jean-Pierre Melville (« Le cinéma selon Jean-Pierre Melville » , Rui Noguera, Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1996) , François m’a dit que ma commande était arrivée (je ne m’en souvenais plus, d’avoir commandé ce livre, alors que je venais justement d’en parler avec Tésame) (« Les Morts à leur place, journal d’un tournage« , Gregor von Rezzori, Le Serpent à Plumes, 2009) et nous avons parlé. Il était un peu tard (François devait aller chercher son fils chez la nourrice, le temps passait) j’ai appelé AP(ap), qui arrivait, nous avons aussi parlé de ce qui allait arriver sur mélico (de jeunes artistes, des textes inédits et techniques, des fictions nouvelles et de notre actualité, etc etc…), autour de nous, des milliers de livres, quelques dizaines de pochettes de disques, le petit piano, la nuit dehors, une cliente qui entre, les gens qui parlent, le monde tel qu’il est, et tel que nous le faisons.

Rentrant à la maison je me suis rendu compte que oui, voilà, tout était là : la résistance passe ainsi, par ces chemins, des lieux où se rencontrer, des idées à échanger… et bien sûr, car j’aime ce cinéma, m’est revenue ce que disait Martin Scorcese , de « Rome Ville ouverte » (Roberto Rossellini, 1945) que personne n’avait remarqué, en Italie, la pertinence de ce film ; dont le succès est venu de France, puis des Etats Unis ; et je me suis souvenu de ce regard d’Anna Magnani (comme je l’aime, celle-ci) et de sa mort (fictive) dans les rues de Rome

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(« Guido ! Guido ! »), et je me suis dit que même, pour finir ainsi, la vie vaut d’être vécue.

C’est vrai, le cinéma italien me revient, ces temps-ci (la résistance, là-bas comme ici, est vraiment affaire de morale et vraiment affaire actuelle et salubre) mais en même temps il s’agit d’un cinéma qui  nous raconte tous, qui que nous soyons.

Je suis revenu vers le faubourg, chacun vers ses concerts s’en allait

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un samedi soir comme un autre, tranquillement j’ai mis sur la platine un disque d’Ella Fitzgerald.

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