Le pas de côté

Posted on 25 novembre 2009 par

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En partance

Mardi 24 novembre, le journal Libération ouvre en Une sur le témoignage exclusif d’Anyss Arbib, étudiant, d’origine marocaine, habitant Bondy « venu célébrer à Paris la qualification de l’Algérie au Mondial, et racontant comment la police a injurié et matraqué des jeunes, Porte  Maillot« .

Anyss Arbib n’est pas un étudiant ordinaire, il est « jeune étudiant à Sciences-Po Paris » et raconte « son immense déception – doit-on prendre cela pour un euphémisme – de voir les autorités de la République discriminer ainsi les jeunes de banlieues » .

L’article poserait comme postulat implicite que cette double appartenance – Sciences-Po (le fixateur) et l’origine marocaine (le révélateur) – légitimerait  (le procédé chimique)  une parole soudainement révélée,  rendue par un subtil procédé visible par tous.


Tentative de mise en ordre dans l’énonciation d’un monde ? Apparente naturalité de l’opération dans le cas d’un témoignage sur la nature de ce qui ici est étrange(r).

Ce même soir, j’emprunte la ligne E du RER, après avoir assisté au cours d’André Gunthert, quittant le centre de Paris (le vide) pour m’éloigner peu à peu,  vers la banlieue Est de Paris (l’hyper ville, l’hyper vie, le plein).

Est-ce la thématique de cette séance du jeudi , qu’est-ce qu’une image, qu’est-ce qui fait image plutôt que photo ? Toujours est-il que le regard (sans intention aucune) se porte machinalement à travers la vitre du wagon vers un point, un détail à  l’horizon des premières cités, de Bobigny, au loin.


À la limite des toits  bleus, une suite de points lumineux tournant lentement sur eux même, sorte d’OVI, objets volant identifiés. Coléoptères mécaniques plongeant leurs antennes dans le corps palpipant d’ici bas. Regardé. Surveillé. Étouffé.

La vie est plus contagieuse qu’un virus.


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